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Business hidden costs

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(IN FRENCH ONLY)

La compétitivité de nos économies est souvent décriée. Principales causes pointées du doigt: les charges qui pèsent sur le travail et le capital: impôt, taxes, indexation des salaires, charges administratives. Pourtant il existe une autre cause, oubliée: l’organisation des activités. Le chemin vers plus de compétitivité passe aussi par une auto-critique, à savoir : une amélioration interne des processus de travail. Résumé

En cette fin d’année 2011, l’Union des Entreprises Luxembourgeoises (UEL) et la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) publient chacune un rapport sur la compétitivité des économies nationales. Cela ne surprendra personne, le constat est plutôt négatif. Sans prétendre que la situation est identique dans ces deux pays voisins, il est marquant d’observer les similitudes quand il s’agit de pointer les causes : l’indexation des salaires semble être l’ennemi numéro un. En résumé, ces fédérations s’appuient sur des indicateurs macro-économiques traditionnels pour identifier les sources qui nuisent à la compétitivité des entreprises. Ces indicateurs sont construits autour des deux variables théoriques de l’activité économique : le Capital et le Travail. L’influence de ces deux facteurs est indéniable, voire essentielle, mais elle cache un troisième facteur : l’organisation des activités.

Résister à la concurrence suppose aussi de revoir l’organisation des facteurs humains et technologiques. Les pertes de temps, d’énergie et d’argent provoquées par une organisation imparfaite sont réelles. Elles trouvent leur source dans un manque de connaissance (dans le cas de certaines PME par exemple) ou encore dans les « mauvaises habitudes » (des manières de faire que l’on conserve comme un héritage du passé sans penser aux possibilités de réorganisation). Sans contester l’importance des facteurs traditionnels, nous estimons donc que la recherche d’une organisation optimale devrait devenir un réflexe pour tout entrepreneur.

Développement

A l’heure de publier son rapport annuel sur la compétitivité, l’Union des Entreprises Luxembourgeoises dresse un bilan plutôt négatif de la situation économique de la Grande Région. Côté Belge, même son de cloche de la Fédération des Entreprises de Belgique : la compétitivité des entreprises belges se dégrade.

Derrière ce constat il y a des chiffres, des mesures, des indicateurs. L’activité économique est estimée sur base d’indicateurs macro-économiques. Ces indicateurs se rapportent au Travail et au Capital, les deux facteurs de production qui sont la base de toute activité économique.

D’un côté le travail donc, et les mêmes conclusions : l’indexation des salaires, les charges salariales, administratives, les carences en formation font peser un poids sur l’activité des entreprises. L’indexation des salaires est certainement le sujet du moment. Il est pointé en priorité par les deux organisations patronales. Bien au-delà de ces dernières, ce sont l’Union Européenne et l’OCDE qui exhortent nos pays à réformer leur politique en matière d’indexationdes salaires. Ce qui pousse l’UEL à formuler des propositions assez tranchées :
- Suspendre durant deux années le mécanisme d’indexation,
- Limiter l’indexation à certaines tranches de revenus particulièrement faibles,
- Revoir le calcul de l’index en supprimant certains biens et services qui pèsent déjà sur les coûts des entreprises.

Côté capital, certains pays augmentent le taux de TVA, les impôts sur les bénéfices, taxent les plus-values, instaurent ou augmentent l’impôt sur la fortune, etc. Financer et investir devient de plus en plus difficile, les ressources sont rares et donc chères, la prise de risque est minimale ce qui implique une recherche de rentabilité à court terme qui est bien difficile à assurer dans les conditions actuelles.

Les problèmes constatés sont bien réels, mais la question se pose : jusqu’où peut-on aller pour assurer la compétitivité de nos entreprises en agissant sur ces facteurs ? Quels acquis faudra-til abandonner si l’on veut pouvoir rivaliser sur ces bases avec les économies des pays émergents ? Nous pensons qu’il faut aller chercher des pistes d’économie et des possibilités d’optimisation ailleurs.

Au-delà des facteurs de production, une organisation en soi a un coût : les ressources humaines et technologiques mobilisées, le temps consacré aux tâches de production, le résultat obtenu. A nos yeux, il est essentiel que les entreprises optent pour une démarche permanente d’optimisation de leurs processus. C’est la première étape. Une organisation imparfaite peut rapidement coûter cher. A l’inverse, prendre le temps de réfléchir à l’organisation du travail, à la manière dont les ressources sont utilisées et combinées, tout cela permet d’atteindre de meilleurs résultats avec moins de moyens.

Le « reengineering » (repenser avec un esprit neuf) et l’optimisation des processus sont à nos yeux des moyens accessibles mais oubliés pour la plupart des PME. Au niveau européen, la tendance lourde montre une homogénéisation lente mais progressive des conditions nationales dans lesquelles les entreprises peuvent mobiliser Travail et Capital. La différence et donc la compétitivité se gagnera de plus en plus sur la manière efficace ou non dont ces facteurs seront mis en œuvre au sein même de l’entreprise. Le défi majeur réside alors dans la capacité des PME d’observer avec lucidité leurs erreurs, de trouver des solutions durables rapidement et de réinjecter efficacement ces solutions au travers d’un changement réussi des processus.

Une entreprise qui gagnera demain sera une entreprise lucide, capable d’apprendre très rapidement et de changer ses processus de travail en conséquence.

Christian De Coster, Managing Partner de Consultis, avec la plume de Thibaut Horlait.